dans l'étude desquelles il est facile de s'absorber avec fascination,
au risque _probable_ de perdre le fil du domaine d'action initial.
+#### La tour d'ivoire
+
+S'équiper de littérature n'est pas sans risquer
+de mener une réflexion déconnectée de la situation concrète de Rézine,
+de sorte qu'il est parfaitement _possible_ de « plaquer des concepts » sur Rézine
+qui ne correspondent pas bien à la réalité.
+
+Aucun modèle n'est parfait, mais certains sont utiles,
+_il faudra_ donc comparer tout cadre conceptuel certes avec le « réel » de Rézine qu'il entend décrire
+— car « la carte n'est pas le territoire »,
+mais avant tout avec les autres cadres conceptuels
+avec lesquels il est en concurrence pour expliquer, prédire et transformer ce « réel ».
+
## Problème à stratégiser en centrant sur plusieurs enjeux de substance {#stratégiser}
Dans cette section, j'essaye d'adresser le problème
#### Mesurer les opérations de compositions entre boussoles
-#### Juger dans l'absolu
-
-Juger un choix « dans l’absolu » signifie :
-tel que l’ajout ou le retrait d’autres choix ne change pas notre jugement sur ce choix.
-Autrement dit, il _ne doit pas_ y avoir de comparaison entre les choix présentés
-(comme le ferait un concours),
-mais une évaluation (comme le ferait un examen,)
-par rapport à notre entière représentation du monde,
-au moyen d’une échelle de mentions conventionnelle.
-Ce qui évite le « paradoxe de Condorcet ».
-
-Ainsi, la liste des choix proposés peut être « dynamique »
-(si aucun choix ne se réfère à un autre) ;
-car l’ajout ou le retrait de choix ne cause pas de manipulation
-par « éparpillement des voix ».
-Ce qui évite le « paradoxe d’Arrow ».
-
-Une échelle de mentions ordonne autant de mentions que permet de discerner
-l’expertise individuelle supposée des juges.
-Ainsi, chaque mention _doit_ être au maximum « consensuelle » :
-comprise par tous·tes les juges de la même manière ;
-cela nécessite de convenir d'un langage commun.
-
-Une échelle de mentions _doit_ comporter suffisamment de mentions,
-nuancées pertinemment à ce qui est mesuré,
-pour que ni l’ajout ni la suppression de choix
-ne provoque un changement dans les jugements individuels sur les anciens choix.
-Car c’est justement le caractère absolu de nos jugements
-individuels qui peut nous permettre de reconnaître
-que les choix proposés ne sont pas satisfaisants.
-
-Avec 10 choix, pouvoir s'exprimer avec 6 mentions donne `6^10`
-— soit plus de 60 millions — de manières de s’exprimer,
-alors qu'un scrutin majoritaire n’en donne que 11,
-et un scrutin comparatif `10!` — soit environ 4 millions.
-
-Il est _certain_ que l'usage des mentions
-renforce leur signification inter-subjective :
-au plus on juge au mieux on clarifie et comprend
-ce que chaque mention signifie.
-
-#### Convenir d'un langage commun
-
-##### Condition de compréhension commune
-
-Une mention _ne doit pas_ être ambiguë selon le registre de langue.
-Par exemple, « médiocre » est compris comme synonyme de « nul » en langage courant,
-mais comme synonyme de « moyen » en langage soutenu.
-Dans la légende des mentions, une phrase _doit_ accompagner chaque mention pour en préciser le sens.
-
-##### Condition de stabilité
-
-Une fois choisie, une échelle de mentions _doit_ être traitée comme une clause constitutionnelle :
-fixe et difficilement sujette à amendement ; car ne pas fixer la mesure dans laquelle nous mesurons,
-nous exposerait à des paradoxes. Chacume a ses propres raisons, plus ou moins différentes,
-d’évaluer tel choix avec telle mention, mais il est _possible_ de trouver un accord durable
-sur un classement de termes discernables.
-
-
-
-
-Tout mode de scrutin est manipulable, il n’y a pas d’échappatoire à la possibilité que quelques juges
-essayent de manipuler le scrutin. La question opérationnelle est : quelles modes de scrutin résistent
-mathématiquement et empiriquement le mieux à la manipulation ?
-On peut démontrer soigneusement que le Jugement Majoritaire est supérieur, en théorie et en
-pratique, à toutes les méthodes de vote ou de jugement connues, dans la mesure où il est :
-— résistant au « vote utile » : au plus l’attribution d’une mention est « exagérée » au moins elle a
-d’impact sur le résultat, ce qui incite à voter « cœur » plutôt que de suivre des consignes de vote.
-En effet, par construction de la Mention majoritaire (la « médiane ») : si l’opinion d’ume juge est
-supérieure à la Mention majoritaire : sur-évaluer son jugement ne change pas la Mention majoritaire,
-et sous-évaluer son jugement peut la diminuer mais va à l’encontre de son opinion. Inversement, si
-l’opinion d’ume juge est inférieure à la Mention majoritaire : sous-évaluer son jugement ne change
-pas la Mention majoritaire, et sur-évaluer son jugement peut l’augmenter mais va à l’encontre de
-son opinion. Sa stratégie optimale est d’attribuer son honnête opinion.
-Le Jugement Majoritaire récompense les jugements individuels honnêtes, en ignorant autant que
-possible les jugements individuels excentriques ou stratégiques.
-— résistant au « vote contre » : ne fait pas d’amalgame abusif des opinions, du genre
-« 1 PourMacron + 1 ContreLePen = 2 ».
-— démocratique : échappe au « théorème d’impossibilité d’Arrow » en étant à la fois :
-— impartial : à la fois :
-— anonyme : les juges ont un même pouvoir décisionnaire : interchanger leurs noms ne change
-pas le résultat.
-— neutre : les choix sont également traités : interchanger leurs noms ne change pas le résultat.
-— monotone : si deux choix sont égaux et qu’ume juge augmente (resp. diminue) son jugement
-sur l’un, celui-ci devient supérieur (resp. inférieur).
-— décisif : toujours capable de faire un classement des choix (évite le « paradoxe de Condorcet »).
-— consistant : conserve l’ordre du classement si un choix est ajouté ou retiré (évite le « paradoxe
-d’Arrow »), i.e. évite le problème de l’« éparpillement des voix ».
-— transitif : si un premier choix est mieux évalué qu’un second, et que ce second est à son tour
-mieux évalué qu’un troisième, alors le premier choix est mieux évalué que le troisième.
-— facile : peut être compris avec quelques exemples, puis effectué et dépouillé rapidement (surtout
-comparé aux modes de scrutin qui demandent d’ordonner les choix).
-— simple : peut se faire aisément juste avec du papier et des crayons (de couleurs) — voire des
-ciseaux (pour le Classement majoritaire).
-Contre-partie de son expressivité, le Jugement Majoritaire est certes plus complexe que le vote à
-main levée — fût-il par approbation —, puisqu’il demande de comptabiliser pour chaque choix,
-toutes les mentions qui lui sont attribuées, alors qu’un vote à main levée
-ne demande que de comptabiliser son nombre de voix.
-
-#### Classer
-
-Classer des choix _doit_ se faire selon leur chaîne de mentions majoritaires :
-la succession des mentions médians, où pour passer au suivant on
-ôte un jugement attribuant le mention médian précédent. Un mention étant médian
-lorsque 50% des mentions lui sont inférieurs et 50% lui sont supérieurs
-
-#### Répartir
-
-- La distribution des mentions reçus par chaque commun, permettant de les classer
-conformément au principe du Jugement Majoritaire .
-
-- La répartition du pot commun en dons aux communs du mois, chaque commun
-recevant entre 0% et 100%, selon le classement dans l’absolu de sa chaîne de mentions majoritaires,
-c’est-à-dire son classement parmi l’ensemble des combinaisons de mentions possibles.
-Cela afin que de juger dans l’absolu plutôt que de comparer
-entre-eux les choix en présence.
-
-<!--
-Ainsi un choix aura de 0% à 20% de sa part
-maximale si son premier mention majoritaire est Nul, de 20% à 40% s’il est
-Modeste, de 40% à 60% s’il est Moyen, de 60% à 80% s’il est Important et de
-80% à 100% s’il est Généreux. Ses mentions majoritaires suivants affinant le
-pourcentage par répétition de ce partage.
--->
+Tout mode de scrutin est manipulable,
+il n’y a pas d’échappatoire à la possibilité
+que quelques juges essayent de manipuler le scrutin.
+La question opérationnelle est : quels modes de scrutin résistent
+mathématiquement et empiriquement le mieux à la manipulation ?
+
+À ma connaissance, le mode de scrutin dit du « Jugement Majoritaire »
+est supérieur — en théorie et en pratique —
+à toutes les méthodes de vote ou de jugement connues, car il est :
+[@BalinskiLarakiMajorityJudgment]
+
+- démocratique : échappe au « théorème d’impossibilité d’Arrow » en étant à la fois :
+ - impartial : soit, à la fois :
+ - anonyme : les juges ont un même pouvoir décisionnaire :
+ interchanger leurs noms ne change pas le résultat.
+ - neutre : les propositions sont également traitées :
+ interchanger leurs noms ne change pas le résultat.
+ - monotone : si deux propositions sont égales
+ et qu’ume seule juge augmente (resp. diminue) son jugement sur une des propositions,
+ celle-ci devient strictement supérieure (resp. inférieure) à l'autre.
+ - décisif : toujours capable de faire un classement des propositions (évite le « paradoxe de Condorcet »).
+ - consistant : conserve l’ordre du classement si une proposition est ajoutée ou retirée
+ (évite le « paradoxe d’Arrow »), i.e. évite le problème de l’« éparpillement des voix ».
+- transitif : si une proposition A est mieux évaluée qu’une proposition B,
+ et que la proposition B est à son tour mieux évaluée qu’une proposition C,
+ alors la proposition A est mieux évaluée que la proposition C.
+- résistant au « vote contre » :
+ ne fait pas d’amalgame abusif des opinions,
+ du genre « 1 PourMacron + 1 ContreLePen = 2 PourMacron ».
+- résistant au « vote utile » :
+ au plus l’attribution d’une mention est « exagérée »
+ au moins elle a d’impact sur le résultat,
+ ce qui incite à voter « cœur » plutôt que de suivre des consignes de vote.
+
+ <!--
+ En effet, par construction de la première mention majoritaire (la « médiane ») :
+ si l’opinion d’ume juge est supérieure à la première mention majoritaire :
+ sur-évaluer son jugement ne change pas la première mention majoritaire,
+ et sous-évaluer son jugement peut la diminuer mais va à l’encontre de son opinion.
+ Inversement, si l’opinion d’ume juge est inférieure à la première mention majoritaire :
+ sous-évaluer son jugement ne change pas la première mention majoritaire,
+ et sur-évaluer son jugement peut l’augmenter mais va à l’encontre de son opinion.
+ La stratégie optimale est donc d’attribuer son honnête opinion.
+ Le Jugement Majoritaire récompense les jugements individuels honnêtes, en ignorant autant que
+ possible les jugements individuels excentriques ou stratégiques.
+
+ Une autre manière de le voir est que plus une opinion est éloignée
+ de la première mention majoritaire au plus il y a de mention majoritaires
+ entre la première et elle-mêmes sur le profil de majorités.
+ -->
+
+Par conséquent j'intègre sans regret son cadre conceptuel au présent « cahier des charges »,
+ce qui rend _possible_ d'élucider une prérogative fondamentale
+de la [boussole du Public](#une-boussole-du-Public) :
+orienter Rézine au moyen de l'attribution d'une pondération à chacune de ses boussoles.
+
+Cela demande néanmoins d'aquérir une compréhension de son fonctionnement
+et de ses justifications, pour pouvoir imaginer, justifier et calculer
+la transformation d'un profil de mérite sur une échelle de mentions,
+en rang majoritaire puis en pondération.
+
+##### Mesurer
+
+Le Jugement Majoritaire permet de juger une proposition « dans l'absolu » : de la mesurer.
+Et accessoirement de comparer cette mesure aux mesures d'autres propositions.
+
+Juger « dans l'absolu » signifie qu'il _ne doit pas_ être demandé
+de comparer une proposition avec une autre (comme le ferait un concours),
+mais de l'évaluer (comme le ferait un examen).
+
+##### Convenir d'une « échelle de mentions »
+
+##### Collecter le « profil d'opinions » d'une proposition
+Les mentions attribuées à une proposition.
+
+#### Réordonner les mentions du profil d'opinions en « profil de mérite »
+Listant les mentions du profil d'opinions
+de la plus petite à la plus grande sur l'échelle de mentions.
+
+Ce profil de mérite permet de définir une notion de majorité
+qui minimise le nombre de juges insatisfait·tes,
+et dont l'indicateur est appelée « mention majoritaire ».
+
+Pour comprendre cet indicateur on peut commencer par observer une évidence :
+la majorité unanime juge la proposition à l’intérieur d’une fourchette
+(plus ou moins large) de l’échelle de mentions.
+En appliquant maintenant cette observation à deux majorités absolues,
+l'une couvrant les mentions les plus petites, et l'autre les mentions les plus grandes,
+on peut observer que leur intersection juge la proposition à l'intérieur d'une fourchette de mentions
+qu'il est possible de réduire.
+À mesure que se rapprochent les « rives » — également distantes du milieu du profil de mérite —
+la fourchette de mentions de l'intersection devient de moins en moins consensuelle mais de plus en plus précise.
+Lorsque les « rives » se rejoignent au même point le plus au milieu du profile de mérite,
+l'intersection est appelée « mention majoritaire » :
+c’est la mention (ou la paire de mentions) qui est la plus au milieu
+(en position dite « médiane ») du profil de mérite.
+
+Mais la mention majoritaire n’est pas simplement la « mention du milieu »,
+c’est surtout la seule mention qui reste défendue par une majorité absolue
+partant de l’extrémité basse du profil de mérite,
+sans être rejetée par une majorité absolue partant de l’extrémité haute ; et réciproquement.
+C’est la mention telle que, quel que soit le sens dans lequel on regarde,
+il y a toujours une majorité des juges d’accord pour défendre cette mention contre toute autre mention.
+Autrement dit : celles et ceux qui la contestent sont forcément en minorité.
+Au final, retenir cette mention revient à minimiser le nombre de juges insatisfait·tes.
+
+#### Réordonner les mentions du profil de mérite en « profil de majorités »
+
+La liste les mentions du profil de mérite
+de la plus centrale aux plus excentrées,
+en alternant de la prochaine mention centrale la plus petite
+à la prochaine mention centrale la plus grande.
+
+Lorsqu'il n'y a pas une seule mention centrale mais deux,
+la mention centrale la plus petite est listée en premier
+car elle est celle qui récompense le consensus.
+En effet, si une proposition B obtient des jugements confinés à l’une de ces deux mentions
+(donc moins éparpillés, donc plus consensuels),
+prendre la mention inférieure de la proposition A comme mention centrale,
+fait que la proposition B obtiendra forcément une mention centrale supérieure ou égale
+à celle de la propotision A (en pareil cas, on parle de « dominance stochastique de second-ordre » de B sur A).
+Alors que ce ne serait pas nécessairement le cas
+si l’on prenait la mention centrale supérieure de A comme mention centrale.
+
+J'appelle la première mention du profil de majorités
+« première mention majoritaire »,
+et la seconde « seconde mention majoritaire », etc.
+
+#### Calculer le « rang majoritaire » de la proposition
+
+La position du profil de majorités
+parmi toutes les combinaisons _possibles_ de profils de majorités,
+ordonnés lexicographiquement de la plus petite mention à la plus grande
+sur l'échelle de mentions.
+
+#### Pondérer par rangs majoritaires
+
+TODO
#### Une boussole de Régulation